i©onos vous fait part ici de ses coups de cœur et rencontres avec ceux et celles qui saisissent l'ordinaire et l'extraordinaire au quotidien. 

Il n'est pas ici question de rédiger une biographie, longue et ennuyeuse, mais de laisser parler le ou la photographe au travers de quelques-unes de ses images. 

Car il n'y a pas que la photo, il y a aussi la petite histoire... 

Juillet 2021 : le rendez-vous d'i©onos avec... Jean-Marie Séveno

Photographe animalier, un témoin privilégié de la nature.


" J'ai  découvert le travail photographique de Jean-Marie grâce à Roselyne. Qui est Roselyne ? Hey, regardez plus bas les actus et vous la découvrirez aussi ;-) et j'ai été subjuguée. Vraiment ! Cette vie sauvage des grands espaces est passionnante et intrigante. La patience qu'il faut pour obtenir le ou les clichés espérés (parfois tant rêvés) est admirable... Suivez cet amoureux de la nature où bon vous semble : sur Insta, Facebook, mais suivez-le.

"Ours polaire - Svalbard - Arctique

Des ours polaires, j’en ai vu des dizaines. Les bons clichés ne sont néanmoins pas nombreux. Quelque soit l’espèce, si je reviens avec une bonne image sur 200 clichés, c’est un bon ratio. Je dois être exigeant !
En nature on ne choisit pas, on ne maitrise pas tout, d’où l’importance d’être concentré, savoir patienter des heures et en même temps être très réactif pour ne pas passer à côté de la scène qui retiendra les esprits. Je souhaitais obtenir cette lumière en pourtour de fourrure. Cela ne suffisait pas, il fallait une patte en l’air pour suggérer le mouvement. La difficulté réside ici que je suis sur une frêle embarcation et que je photographie à main levée, balloté par le flot de la marée.”

Jean-Marie Séveno

"Chevêchette australe - Patagonie - Chili

En me rendant en Patagonie, mon objectif principal était d’observer des pumas. Je m’y suis rendu à 5 reprises. À chaque fois mes expériences ont été couronnées de succès. Néanmoins, je rêvais secrètement de voir la chevêchette australe, petit rapace nocturne pas plus gros que mon poing. C’est au 3ème séjour que j’ai eu ce privilège… je suis donc resté plusieurs heures avec elle pour obtenir ce cliché. En arrière-plan la colline couverte de givre est masquée par de la brume, conférant à cette image une ambiance laiteuse tant souhaitée et typique de ma « patte »
photographique.”

Jean-Marie Séveno

"Ours Kermode - Colombie Britannique - Canada

L’ours Kermode est un ours noir. Il n’est pas albinos, il est porteur d’un gêne récessif qui confère une teinte jaune - crème à sa robe. Il n’y en a que 350 - 400 au monde, principalement présents en Colombie Britannique. J’étais heureux de ce séjour : d’abord parce que cet individu était indifférent à ma présence, mais aussi parce que j’étais satisfait de cette image réalisée en pose lente (merci à l’ours d’être resté immobile) et puisque j’étais dans mon élément, dans le sauvage, qui plus est au Canada, l’une des terres qui me parle le plus.”

Jean-Marie Séveno

"Baleine à bosse - Colombie Britannique - Canada

Ce jour-là, il y avait quelques 15 baleines qui évoluaient dans les fjords. J’ai pu faire des centaines de photos : le mammifère est facile à saisir. Pourtant, mon focus était de représenter toute la puissance de l’animal dans la douceur des flots. Deux paramètres étaient nécessaires : être assez proche de la baleine et avoir en toile de fond un environnement relativement monochrome. Pour le reste, choisir les bons réglages de l’appareil.”

Jean-Marie Séveno

"Panthère des neiges - Himalaya - Inde

La panthère des neiges est considérée par beaucoup de photographes animaliers comme le graal absolu… personnellement, c’est notion de coche, de dire « j’ai fait telle ou telle espèce », ne m’importe absolument pas. Ce qui m’intéresse est la phase de recherche, l’attente. J’ai pu photographier plusieurs individus, parfois assez proches. C’est pourtant celle-ci que j’affectionne : l’animal dans son environnement, la panthère telle que je l’avais imaginée, souvent invisible, qui se découvre pour explorer son territoire à la recherche de nourriture.”

Jean-Marie Séveno

"Puma - Patagonie - Chili

Une image que je souhaitais mais que je n’espérais. Malgré la préparation pour atteindre mon objectif, je savais que voir un puma allait être compliqué. Et puis un matin j’en observe un. Je le suis à distance, le contourne et espère qu’il longera une petite colline. Il le fait. Je m’allonge pour attirer sa convoitise. Il s’approche, je réalise ce cliché, je me relève ; il s’approche à 12 mètres, bifurque sur ma gauche et s’assoit. Moment suspendu ; je me sens en phase avec les éléments.”

Jean-Marie Séveno

Horizons suspendus

Le nouveau livre de Jean-Marie Séveno est une plongée secrète dans le monde sauvage à la recherche de la panthère des neiges et du discret puma des Andes. C’est également la rencontre des rares et méconnus ours Kermode et loup côtier.
Pour en savoir plus : https://jean-marie-seveno.fr/produit/horizons-suspendus/ 

Mai 2021 : le rendez-vous d'i©onos avec... Pascal Desroche

Photographe, parmi d'autres choses.


" En emménageant dans le Morbihan avec ma tribu, j'ai cherché à rencontrer des photographes locaux. C'est comme cela que j'ai croisé la route de Pascal, un amoureux de la Bretagne (que dis-je de la Ria d'Etel !). Une de ses sources d'inspiration, vous l'aurez compris : la mer... et les énergies qu'elle dégage. 
Ainsi, la Ria d’Etel est devenue son écrin. Ainsi, la Ria d'Etel est devenue ma voisine.
"

"AquaCosmos

Un matin, j'entre les bras chargés dans le lieu ou j'expose pendant quelques semaines à l'étage de la boutique. Au rez-de-chaussée des gens sont là, je coupe mon élan pour dire bonjour. En haut de mon chargement, il y a une housse posée à plat, contenant mon ordinateur portable et un disque dur externe. La housse est ouverte vers l'avant et lorsque je stoppe mes pas, je vois le disque dur continuer la marche et opérer très naturellement une chute libre en direction du carrelage et mon bonjour est prolongé par le bruit détestable d'une coque de plastique rigide qui éclate au sol. 

Respiration profonde pour rester zen sur ce coup du sort. Le disque est mort, impossible de récupérer les données il faudra passer par une salle blanche de labo, opération coûteuse. De retour chez moi, je parcours les autres disques pour vérifier les sauvegardes que j'ai faites… ou pas. Et c'est là que je retombe sur cette photo, réalisée un an et demi plus tôt et complètement passée à l'as. Une découverte qui prend les habits d'une révélation. Je me rappelle le jour de la prise de vue, grand soleil presque au zénith pour profiter d'une lumière verticale qui pénètre sous la surface afin de faire vivre les couleurs végétales dans les contre courants. Il fallait pouvoir déclencher rapidement pour ne pas donner trop de place aux reflets du soleil, mais pas trop vite non plus pour conserver un peu de lumière sous la surface. Lumière que j'ai légèrement accentuée en post production.”

Pascal Desroche

"Chère Amie

Fin d'après-midi de printemps, en route vers la pointe de la vieille chapelle à Sainte Hélène, Morbihan, je me fais arrêter par le paysage de l'anse qui suit la chapelle Kerdavid. Marée haute, vent calme, la lumière dorée qui habille le plan d'eau est magnifique. Parfois, un poisson vient générer une onde de remous à la surface qui permet d'ajouter un peu de graphisme au décor, mais ça reste un peu trop discret. Alors je décide de générer le remous moi-même, à l'aide de galets, il y en a quelques uns sur la plage.

J'aimerais une belle gerbe cristal dans cette ambiance mordorée. J'ai identifié la distance à laquelle je dois lancer le galet. Comme ça, je peux déjà figer la mise au point sur mon boitier. Parce que laisser l'auto focus décider de la mise au point sur des particules d'eau en mouvement, ce n'est pas une bonne idée. Il arrive parfois qu'on ait sous les yeux une image magnifique et l'appareil photo ne veut pas déclencher parce qu'il ne parvient pas à faire le focus. Très agaçant. Donc mise au point manuelle, je sais à peu prêt ce que je veux comme cadrage, je sais qu'il faut une vitesse de déclenchement rapide pour figer l'éclatement de l'eau. Je veux aussi un peu de profondeur de champs pour limiter les risques de flou si je ne lance pas à l'endroit précis.

Il faut aussi que le galet monte suffisamment en l'air pour que j'ai le temps de cadrer et déclencher. Après une dizaine d'essais, la voici, Chère Amie, parce que j'avais envie d'écrire un mot pour les belles âmes qui viennent se nourrir de sérénité le long des rives d'ici.”

Pascal Desroche

"Record SNSM

2008, je participe à la nouvelle édition du record SNSM (Saint-Nazaire, Saint-Malo), un événement qui m'a séduit en 2007 pour la première fois. Je m'y étais rendu par curiosité et avais publié sur mon site web le soir même, une série de clichés qui me vaut d'être mandaté par l'organisation en tant que photographe de l'évènement cette année. Je leur propose de faire une mise en scène au sol pour une prise de vue en hauteur. A l'époque, il n'y a pas de drone et l'organisation me propose d'installer une nacelle de 14m de haut. 14m c'est beaucoup eu égard à ma relation au vertige mais je veux faire cette photo. 14m c'est aussi un peu juste pour avoir le recul nécessaire permettant d'intégrer plus de 150 personnes dans le cadrage. Je fais quelques tests pour me rendre compte que ça ne va pas marcher. 

Pendant la semaine de l'événement, je suis logé dans les tours de 10 à 12 étages qui bordent le bassin à l'entrée sud. La veille de la prise de vue, je cherche et trouve un passage vers le toit. Au pied des immeubles, il y a un parking dégagé au bord du bassin qui me semble parfait, avec quelques bateaux de pêche à quai. Ce sera là ! Le lendemain matin, avec l'aide de Drore, une jeune stagiaire de l'organisation, de bonne heure, on commence à marquer à la craie les angles de lettres géantes SNSM sur lesquelles l'ensemble des participants vont venir prendre place. On est aussi venu tôt pour éviter que des voitures se garent ici. Mais un samedi matin, on n'a pas bien mesuré l'impact ! Ca se passe presque bien jusqu'à l'arrivée des anciens pêcheurs, parce qu'on est sur leur domaine, particulièrement le samedi car c'est là qu'ils se retrouvent. Ok… Je pars chercher une caisse de champagne et je reviens demander un coup de main aux pêcheurs en échange. Les gars gèrent l'opération parking vide, à l'aise. Ca rigole, ça leur rappelle des anecdotes, on m'offre des bulots, des huîtres, des crevettes, à boire. Très joyeux moment. 

Arrivent ensuite tous les équipages arborant leur gilet de sauvetage, je suis sur le toit avec un talkie walkie pour guider Nathalie qui gère en bas. En même temps, débarquent sur le toit la fine fleur des photographes de la course au large ainsi que la presse quotidienne locale et la presse sportive. C'est bon, on peut shooter ! Il n'y en a pas un qui dira merci pour l'install. Mais j'ai fait ma photo ;)”

Pascal Desroche

Carte blanche avec Divergence-Images

Chaque mois, Divergence ouvre son site à une iconographe de l’ANI (Association Nationale des Iconographes) et lui donne carte blanche. Et en avril, c'était avec 

i©onos ! Divergence est une association qui regroupe aujourd’hui 140 photographes, et est gérée bénévolement par ses membres. 

http://www.divergence-images.com/

Avril 2021 : le rendez-vous d'i©onos avec... Roselyne Belz

De l'Œil à la Plume, Roselyne est créatrice de contenus rédactionnels et / ou photographiques.


"Roselyne ? Ben ça fait une décennie qu'on se connait ! Nos chemins se sont croisés sur les bancs de l'Université. Le temps passe, mais certaines relations perdurent. Quand j'ai eu besoin d'illustrer et mettre en scène mon activité de documentaliste images sur mon site web, je voulais faire appel à ses talents de photographe ! Proche de ceux et celles qu'elle photographie, elle s'intéresse à l'autre avec une grande sincérité. Créative, elle saisit avec finesse les petits détails qui l'entourent !"

“Quel est notre rapport à la terre lorsque l'on vit entouré d'eau ? Lorsque l’on vient sur une île, on pense plus rapidement aux travailleurs de la mer qu’à ceux de la terre. Yvon, avec son champ de pomme de terre, a probablement une des plus belles vues de l'île de Batz. Chaque jour, il observe les visiteurs qui passent et repassent devant son lopin de terre, avant de rejoindre l'embarcadère pour Roscoff. Heureusement pour moi, il parle volontiers avec quelques-uns d’entre eux. Ce jour-là, j’étais sur l’île pour photographier une location Gîtes de France. Après une petite marche où j’ai vu l’improbable se passer : une belle averse de neige, courte mais forte, je remonte vers le bourg et échange quelques mots avec Yvon qui accepte de prendre la pause et me raconte quelques anecdotes avant de remonter dans son tracteur.”

Roselyne Belz

"J’ai réalisé un reportage pour la revue Il(e)S, une belle revue qui parle du quotidien des habitants des îles du Ponant. Il s’agissait de suivre les sapeurs-pompiers de l’île d’Aix et de l’île de Bréhat pendant quelques jours. Observatrice des moments festifs comme des moments de tension, on a surtout pris le temps de discuter de leur quotidien. Comment sont-ils devenus pompiers, pourquoi, les évènements marquants… mais ce qui est frappant surtout, c’est leur rapport à la communauté. Isolés du continent, certains se dévouent ainsi sur plusieurs générations, d’autres confient qu’ils ne seraient jamais devenus sapeurs-pompiers ailleurs. Pour toutes ces raisons probablement aussi, on y retrouve une proportion de femmes plus importante que sur le continent.”

Roselyne Belz

"Cette double casquette de rédactrice et photographe, m’amène à découvrir des profils très différents. Nan est une doctorante chinoise qui mène des recherches dans le domaine de la cybersécurité à l’Université Bretagne Sud. Lors du premier confinement, j’égrenais les interviews de chercheurs œuvrant dans ce domaine pour lequel cette université bretonne est à la pointe. Si les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans les filières informatiques, le domaine plus spécifique de la cybersécurité semble sortir son épingle du jeu.”

Roselyne Belz

"Forêt de Camors un petit matin de janvier, tout est encore un peu givré. Vers la fin de la promenade ces rayons se sont mis à percer parmi les arbres offrant un spectacle mystérieux. Un ami photographe animalier me montrait quelques-uns de ses coins, on n’a vu ni chevreuil ni licorne mais ça valait le coup de s’aventurer tôt.“

Roselyne Belz

"Depuis 2013 je réalise des photos du spectacle d’A Portée de Chœur, une joyeuse troupe avec beaucoup de jeunes qui se regroupent tous les dimanches pendant une bonne partie de l’année pour préparer les représentations de novembre où tout est reversé aux Restos du Coeur. Chanteurs, danseurs, musiciens, comédiens, costumières, maquilleuses, etc… ils se démènent et offrent des dons très conséquents. Même cette année sans spectacle, ils ne se sont pas tourné les pouces. J’aime retranscrire l’ambiance du spectacle et fouiner dans les coulisses. Parfois cela passe par des détails comme ceux-ci pour retrouver l’émotion du moment.”

Roselyne Belz

"Pointe du Grouin à Cancale, le temps est brumeux, parfait pour offrir une ambiance toute particulière à la séance photo. Les promeneurs feront le reste pour mettre les mariés à l’aise et les applaudir. Les mariés ont toujours un succès fou.

Un peu touche à tout, je réalise aussi des reportages de mariages. J’ai un faible pour ces séances de couple, un temps à part, une fois le stress passé… surtout lorsque le contrôle échappe et qu’on saisit un peu de ce qui fait le lien unique entre ces deux êtres.”

Roselyne Belz

"Je sais que cette image peut choquer… Elle a été prise en 2017, à l’occasion d’un reportage dans une maison de retraite où je venais interviewer une infirmière. Cette main m’a frappé, cette peau si fine qui vient épouser chaque os... et à la fois cette quiétude à lire le magazine du jour. Je ne suis pas sûre qu’après ces mois d’épidémie j’aurai pris les mêmes images.”

Roselyne Belz

"Le Brésil a peu de voies de chemin de fer pour le transport de passagers. Il en existe cependant une bien connue et plutôt touristique au départ de Curitiba, rejoignant l’ancienne ville coloniale de Morretes. Enfin, cette voie est touristique surtout lorsque le ciel est dégagé. Ce jour-là, le ciel entendant mon goût prononcé pour les temps brumeux, m’offrit de magnifiques perspectives… bouchées ! Alors à défaut d’avoir le vertige sur la zone à flanc de colline devenue invisible, on déploie sa créativité avec ce qui est à notre portée, soit la vitre de devant. C’est exactement ce genre d’image qui m’inspire des réflexions sur la vie. Au-delà du moment saisi, j’aime lorsqu’on en oublie le contexte de prise de vue et que l’image nous raconte tout autre chose.”

Roselyne Belz

Mars 2021 : le rendez-vous d'i©onos avec... Lauriane Bieber

Traductrice et rédactrice indépendante, Lauriane se lance dans la photographie professionnelle.

"Lauriane, c'est une rencontre fortuite ! Tout commence avec une newsletter du Sony World Photography Organisation où je découvre qu'elle est la lauréate française du concours. Je  prends contact avec elle : on échange par téléphone (et oui, la distance faisant...) et elle me fait découvrir son travail. A mon tour, de vous faire partager sa passion en images."

“La photo de Léo, j’ai choisi de l’intituler « Post lockdown cigarette, in the cold rain of June »

Ce moment était juste parfait. La pluie, la lumière, l’ambiance, toute cette euphorie. 

C’était la première fois en dix ans que je retrouvais Léo que je n’avais rencontré qu’une fois lorsque j’avais dix-huit ans. C’était la première sortie post-confinement, le premier ami que je voyais après trois mois d’isolement. La première fois que je travaillais avec un modèle aussi dédié à l’art et aussi courageux. Et c’était aussi la première fois que je me suis rendue compte à quel point la photographie était importante pour moi. 

C’est cette photo qui m’a conduite en première place nationale (de France) du concours Sony World Photography Awards et je n’en reviens toujours pas.”

Lauriane Bieber

“Your places of light.

Ligne jaune, chien jaune. 

Cette scène était hypnotisante. Avec ma mère, nous étions assises sur un banc de Saint-Malo. Ce chien a stoppé son chemin juste sous le lampadaire. Ayant toujours avec moi mon appareil Fuji X100F, il m’était impossible de ne pas m’en servir… 

Le temps était comme suspendu. Je trouve que cette photo retranscrit bien cet instant. 

C’est un de mes clichés préférés parmi tous ceux que j’ai réalisés…”

Lauriane Bieber

“Night is not the darkest place.

Cette photo est une des premières de mon projet « Night is not the darkest place ». J’aime beaucoup les réactions des gens qui trouvent ces photos-fantômes effrayantes et inquiétantes. Ils n’ont pas idée qu’en coulisses, c’est bien plus drôle qu’effrayant. Pour l’anecdote, cette photo a été prise pendant le confinement. Moi, couchée sur le sol, le bras tendu, avec des repères pour savoir où me placer exactement. Et mon conjoint tenant la position jusqu’à ressentir une crampe au pied… 

Ce projet est le seul pour lequel j’effectue plus qu’un simple post-traitement lié à la lumière et à la colorimétrie. En temps normal, il est primordial pour moi que mes photos soient au plus près de la réalité et du vrai. Pour ce projet différent, et dans la mesure où je ne connais pas personnellement de modèles fantômes, il faut bien tricher un peu…“

Lauriane Bieber

“Your places of light.

Une de mes premières photos de 2021. Une première en tant que modèle pour Florian, un ami devenu essentiel à ma vie. Il était hors de question pour nous de faire une séance « classique ». Nous avions discuté de quelques idées au préalable, et le résultat a dépassé nos espérances… Comme souvent, j’ai eu la chance d’avoir un modèle prêt à se salir, au sens littéral du terme. Cette journée était merveilleuse, immense soleil, de longues discussions et de grandes rigolades, un t-shirt déchiré, de la terre, une superbe lumière, une chute dans la boue pour moi, et cette photo, de et pour lui.”

Lauriane Bieber

“Your places of light.

Cette photo n’a subi pour seul traitement qu’une augmentation du contraste. La lumière était incroyable. La partie supérieure, le ciel, sans averse, le nuage était relativement bas, le soleil commençait à décroitre. Cette photo, j’ai beau la regarder souvent, je la trouve toujours aussi irréelle. J’adore les deux corbeaux à peine perceptibles au milieu. Ce sont les corbeaux qui nichent près de notre immeuble. Je suis contente de les avoir immortalisés, lors de leurs expériences fantaisistes dans ce ciel unique…”

Lauriane Bieber

“Your places of light.

J’adore l’hiver. La saison de l’ambiguïté. J’adore son ambiance, la neige, le froid, la pluie, le vent, et les doigts gelés sur l’appareil (le chocolat chaud post-shooting aussi… mais ça, c’est un secret).

Les modèles ne partagent pas tous mon amour pour cette saison… Avec Lucas, nous avons réalisé plusieurs portraits en intérieur. Cela représente un défi pour moi, qui travaille principalement en extérieur et en lumière naturelle. 

J’avais déjà eu l’occasion de prendre mon cher Lucas en photo à l’époque où nous étions étudiants. Nous avons programmé cette nouvelle séance suite à sa volonté de poser nu. Une première pour lui. Une première pour moi. Et nous avons réussi à faire de très beaux clichés ensemble, dont celui-ci.”

Lauriane Bieber

“Your places of light.

Pendant le confinement, mon conjoint Gaël a réalisé une vidéo de son télétravail. J’en ai profité pour le photographier sur notre balcon. J’adore cette photo. D’une part parce que le modèle est l’homme que j’aime. Et parce que s’en dégage un esprit « working man », renforcé par les voitures du parking en plein air en face de chez nous. Jusqu’à cet instant, je n’avais pas encore réussi à exploiter cet arrière-plan que j’aime tellement et qui n’existera plus dans quelques semaines.”

Lauriane Bieber

Michel Monsay - Photographe et vidéaste professionnel

Février 2021 : le rendez-vous d'i©onos avec... Michel Monsay

Vidéaste et photographe de reportage, spécialisé en événementiel, en reportage sur le terrain ou en entreprise, et en portrait.

"Je connais Michel depuis quelques années, pour lui avoir commandé quelques reportages photos : portraits d'agents (trombinoscope), photos évènementielles et reportages terrain (tout-terrain, y compris les pieds dans l'eau !). Professionnalisme, disponibilité et discrétion, Michel sait s'effacer pour mettre à l'aise les hommes et femmes qu'il photographie, pour un rendu toujours plus authentique."

"La venue du Président de la République est rare à l’Académie française, chaque Président ne vient généralement qu’une fois par quinquennat à l’occasion de la réception d’un nouvel académicien sous la Coupole. François Hollande a choisi l’écrivain haïtien Dany Laferrière pour venir assister à la cérémonie. Il est accueilli par la Secrétaire perpétuelle de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, qui quelques jours plus tôt lui a envoyé une lettre pour lui faire part de son inquiétude devant le projet de la réforme des programmes scolaires. Cette photo m’a provoqué une émotion forte, sur le moment avec l’adrénaline autour de la présence du Président, d’autant que j’étais le seul photographe à pouvoir l’approcher, à part celui de l’Elysée, mais aussi parce que c’était la réception de Dany Laferrière, que j’apprécie particulièrement. J’aime aussi les expressions de tous les personnages avec un petit sourire."
Michel Monsay

"Je suis assez fier de cette photo pour l’atmosphère poétique que j’ai réussi à capter, la lumière, la pluie de confettis et Jérôme Savary, merveilleux et irrévérencieux Monsieur loyal avec son éternel cigare. Cette photo a été prise à l’occasion des 75 ans d’Air France fêtés avec faste au Grand palais. Il y avait une grosse pression d’Air France quant à la qualité des photos pour avoir un souvenir inoubliable de l’événement."
Michel Monsay

"J’aime cette photo pour plusieurs raisons, l’expression mélancolique et soucieuse du collaborateur SNCF, cela change du sourire habituel pour les portraits. J’aime aussi les flous qui encadrent le personnage, notamment la locomotive en arrière-plan dont la couleur rappelle la parka du chef de projet SNCF. Cette photo a été prise à l’occasion d’un reportage pour la SNCF sur des travaux ferroviaires dans la région Hauts-de-France."
Michel Monsay

"Cette photo d’un village de Dordogne a remporté un franc succès plutôt inattendu, dans la mesure où c’est une photo assez classique, mais qui peut s’expliquer par une belle lumière, les contrastes avec lesquels j’ai joué de même que les reflets et bien évidemment la beauté du site.  Cette photo a été choisie par Ségolène Royal elle-même, Ministre de l’environnement de l’époque, pour illustrer une campagne de communication dans la presse en 2017 sur « Ma commune sans pesticides ». Suite à cette diffusion dans différents journaux, beaucoup de personnes ont retrouvé mon contact pour me féliciter de la photo et me demander où se trouvait ce beau paysage."
Michel Monsay

"Cette photo m’a donné du fil à retordre dans la mesure où il y a eu toute une préparation en amont afin d’arriver à reproduire le logo de l’association sportive Le Tir, un club huppé du Bois de Boulogne, en disposant ses membres sur un tracé invisible au sol qui reproduisait le dessin du logo et le nom du club. Outre ce travail préparatif de calculs et de proportions pour que tout coïncide, le jour même il a fallu coordonner tous ces gens pour obtenir le résultat souhaité du haut d’une nacelle élévatrice sur laquelle j’étais perché pour prendre la photo."
Michel Monsay

"Émotion forte en revoyant le grand couturier Kenzo, pour lequel j’avais une grande admiration et que j’ai photographié chez lui dans son superbe appartement où chaque détail témoignait d’une rare finesse de goût. L’émotion, je l’ai également ressentie lors de la prise de vue, Kenzo était d’une gentillesse et d’une disponibilité bien agréables. On peut avoir un aperçu sur la photo de l’élégance du personnage dans tous les sens du terme, sa tenue simple et classe, la très belle plante derrière lui, les dessins au mur, mais aussi ce que Kenzo dégage dans son attitude."
Michel Monsay